Observatoire des mortalités massives d'abeilles

Un super job ouvert pour un.e Ingénieur.e d’étude en épidémiologie – épidémio surveillance intéressé.e par l’apiculture : la coordination et l’animation de la plateforme OMAA (Observatoire de la Mortalité et des Affaiblissements de l’Abeille mellifère). La fiche de poste est ici (le lien sera désactivé l’emploi pourvu) https://www.plateforme-esa.fr/sites/default/files/Fiche%20de%20poste%20animateur%20trice%20OMAA_Anses_INRAE_2.pdf

L’occasion de rappeler ce qu’est OMAA

Il s’agit d’un dispositif de surveillance évènementielle qui repose sur la remontée et le traitement de cas signalés ; une approche différente de ce que permet la surveillance programmée qui s’appuie sur des données statistiques, des échantillonnages, des ruchers sentinelles etc.

L’intérêt est de pouvoir détecter des dégradations de l’état de santé du cheptel apicole sur une région et d’alerter les gestionnaires du risque. Cela permet de répondre à la fois aux besoins de l’épidémio surveillance et à la demande des apiculteurs qui souhaitent comprendre les causes d’affaiblissement ou de mortalité de leurs colonies.

OMAA est un dispositif expérimental mis en place dans le cadre de plateforme nationale de surveillance épidémiologique en santé animale (ESA) et qui tourne actuellement dans  trois régions Françaises : depuis 2017 en Bretagne et Pays de Loire, depuis 2019 en Auvergne Rhône-Alpes.

Depuis 2020 c’est l’Anses de Sophia Antipolis qui pilote la plateforme.

Comment fonctionne le dispositif ?

Dans les régions concernées,  tout apiculteur constatant une mortalité ou un affaiblissement de ses colonies est invité à le déclarer au guichet unique régional OMAA, et ce, quels que soient l’événement de santé et le nombre de colonies touchées.

A la réception de l’appel, le guichet régional :

  • Enregistre les données
  • Mobilise un des acteurs du dispositif en vue d’une investigation. En cas de suspicion de danger sanitaire de 1ère catégorie* ou d’une mortalité massive aigue ce sont les services de l’Etat qui interviennent, généralement suppléés par un vétérinaire apicole mandaté. Le coût de la visite, des analyses et des mesures sanitaires est pris en charge. S’il s’agit d’un « autre trouble », l’intervention est réalisée à la demande de l’apiculteur et financée par l’État dans la limite d’une visite par an et par apiculteur. Certaines analyses complémentaires peuvent faire l’objet d’une prise en charge.
  • Dans la quasi-totalité des interventions il y a réalisation systématique d’un comptage de varroas phorétiques afin de préciser la pression parasitaire présente sur le territoire régional.

Les données d’investigation alimentent la plateforme. L’apiculteur est tenu informé de l’avancée de son dossier et à l’issue de la procédure, un retour lui est adressé.

L’exploitation (analyse) des données peut déboucher sur une alerte en cas d’évènements de santé groupés dans le temps ou dans l’espace

Ce sont essentiellement les dispositifs techniques (OVVT qui sont des structures vétérinaires) qui gèrent le guichet unique et le déclenchement des investigations.

Il s’agit d’un dispositif réellement intéressant en matière d’épidémio surveillance mais qui demande beaucoup d’énergie, de mobilisation et de réactivité de la part des guichets régionaux et des équipes d’investigation. Un des paradoxes de la médecine apicole : si l’on sait que certains syndromes d’effondrement de colonies sont imputables à des évènements qui n’ont pas été détectés plusieurs semaines auparavant, le recueil de prélèvements dans le cadre d’une suspicion d’intoxication doit être fait dans les heures qui suivent !

* Au jour de l’écriture de ce post, les dangers sanitaires de première catégorie sont encore au nombre de quatre : l’acarien Tropilaelaps spp, le petit coléoptère Aethina tumida, Nosema spp (Nosémose) et Paenibacillus larvae (loque Américaine)

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